
Do not cross / Ne pas franchir
Dans ce livre, Hélène Sanguinetti rend hommage à ses “inspirantes” et affirme ce que son écriture doit à l’art, et particulièrement à la sculpture et la peinture. Ainsi Kiki Smith, si proche de la mythologie personnelle de l’auteure, habite quasiment tout le poème. Autre force, Germaine Richier, dont émane le texte de la dernière section. Ensuite, deux amitiés, l’une littéraire, Claudine Galea, l’autre picturale, Sylvie Lobato, fondamentales sur les labyrinthes de la création.
Pour autant, il ne faut pas chercher ici à reconnaître telle ou telle œuvre – même si les médaillons du départ en offrent trois, qui ont compté. C’est que le poème est vorace, la joie est grande d’avaler et digérer, transformer sans savoir. Le poème fait – presque – toujours comme il veut.
Le titre – expression si familière dans les musées – prend alors une puissance multipliée et des significations diverses, dans la droite ligne d’une poésie d’invectives, de sensualité et d’humour. Et restera toujours la surprise de ce “Do not cross”, ce “Ne pas franchir” qui, interdisant, attise le désir d’ouvrir...

